Partager l'article ! Ultra Trans Aubrac 2010: Un mois et demi après le Trail aux étoiles, et même si je ne me suis pas vraiment arrêté depuis, je devais, toujour ...
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Un mois et demi après le Trail aux étoiles, et même si je ne me suis pas vraiment arrêté depuis, je devais, toujours dans le cadre de ma préparation, effectuer une sortie longue en ce weekend d’avril. Les courses au programme de cette journée étaient nombreuses et je n’avais que l’embarras du choix…
Et mon choix s’est porté sur l’Ultra Trans Aubrac, un ultra réputé pas trop difficile, et qui me permet d’effectuer beaucoup de kilomètres (105Km avec 3700mD+ et 3900mD-).
Le rendez vous était donc donné à Laissac et c’est à 6H dans un froid relatif (3°C) que je m’aligne auprès de 200 coureurs sur la ligne de départ. Je ne suis pas trop en forme… Voilà un moment que je suis fatigué et que je n’arrive pas vraiment à me pauser (toujours un tas de truc à faire)… Ewen m’a réveillé toutes les heures, il fait froid, il est tôt… mais quand il faut y aller… faut y aller !!!
Le départ est lancé… Lorblanchet part vite et me lâche dès le premier kilomètre (on ne joue pas
dans la même cour !). La route
est longue et je dois gérer. En courant, je ne suis pas trop mal et avale assez facilement les premiers kilomètres du tracé (les plus faciles…). En moins d’1H40 j’atteins le premier ravito
(21Km), et pour moi tout va bien… Ou presque : sur le goudron, le balisage est tracé en rose fluo. Il paraît que ça flashe, mais avec mes
problèmes de couleur, je ne le vois pas et suis obligé de m’arrêter à chaque carrefour pour contrôler si je suis dans la bonne direction… ORGANISATEURS, BALISER EN JAUNE FLUO, C’EST PLUS
VISIBLE !!!
J’attaque le deuxième tronçon en 3eme position… Je sais que c’est le plus dur : 34.5Km et près de 2100m de D+ pour rejoindre le plateau
de l’Aubrac et la ville de Laguiole. Les coureurs en équipe me reprennent et je me fais facilement doubler par 5 à 6 coureurs (relais). La montée vers l’Abbaye de Bonneval se passe très bien.
Puis, ça redescend
sec vers la Boralde avant de remonter sec
pour retrouver la piste forestière sur l’autre versant (passage à quatre pattes). La chaleur arrive et le soleil commence à taper fort. Le faux plat est long, interminable. Quelques fois, il y a
des coups de culs plus pentus. J’atteins enfin la plaine du roc, le plateau et soudain, alors que je viens de manger une barre et que j’en ai encore plein la bouche, c’est la panne sèche !!!
plus d’eau, la bouche pleine de pâte, une chaleur lourde dans cette longue montée et un coup de mou, alors qu’il me reste encore 15 bornes à courir avant le prochain ravito… Je commence vraiment
à en baver et envisage mal l’avenir de la course… Heureusement, à Pomiers, un agriculteur m’ouvre sa grange et me donne de l’eau pour repartir… Au kilomètre 47, un concurrent solo me double. Je
m’accroche sur quelques kilomètres, mais je n’arrive plus à suivre. Je suis sec… Le parcours est dur, beaucoup de boue et de cailloux, et des appuis fuyants…
5H40 de course, et j’atteins enfin Laguiole (Km 54 et 2600mD+). Je suis complètement cramé. Les larmes de fatigue me montent en courant. A
cette heure de la course, je pense que je n’atteindrai
pas l’arrivée. Pourtant, je n’envisage pas non plus de m’arrêter… Je m’octroie 15 minutes d’arrêt pour manger un peu et me réhydrater. J’ai les poteaux (je ne sais pas si je vais pouvoir
recourir). J’ai mal à toutes les articulations (dos, chevilles, genoux). Je repars donc en marchant, et un autre solo me double. Me voilà donc 5eme. Pour atteindre Aubrac, prochain ravito, il y a
22Km et encore 800 mD+. Alors je m’accroche pour suivre ce concurrent. Je veux l’accrocher pour ne pas perdre le rythme de la course. Il faut dire que c’est dur de savoir à quelle allure on est
par rapport aux autres concurrents, surtout sur ce parcours où les relais nous doublent facilement. Alors je me dis qu’en arrivant à le tenir je reste un minimum dans le coup. Mon objectif :
le lâcher le plus tard possible pour ne pas laisser d’autres concurrents revenir. Ce tronçon est aussi très difficile. Encore du dénivelé, des chemins techniques et surtout l’apparition de la
neige. Au début, c’est plutôt sympa, mais vite, ça devient dur… la neige est encore bien présente sur le plateau. La chaleur transforme la neige en une espèce de soupe glissante où il devient
impossible d’avoir des appuis précis et efficaces. Les pas s’enchaînent sans se ressembler. Un coup le pied tient sur la neige, un coup il s’enfonce sous la neige… entre les langues de neige je
me force à courir et chaque démarrage est un souffrance…
J’atteins enfin Aubrac, dernier ravito avant la fin. J’ai repris un peu le moral… Je n’ai pas lâché pour
le moment. Je prends un petit moment pour refaire le plein d’eau et manger quelques tucs puis
repars, une nouvelle fois en marchant. Je n’arrive pas à courir… Mon genou gauche me fait très mal. Par moment, je reçois une violente douleur comme
un coup de couteau. Je lâche un peu et le concurrent avec qui j’étais prend un peu le large. Pourtant, je sais qu’il n’est pas beaucoup mieux que moi. Depuis quelques kilomètres, il souffre de
crampes à chaque changement d’allure. Mais à chaque relance il repart mieux que moi. C’est dans les montées que je recolle. Il reste 30Km avec 500mD+ mais 1500mD-, donc majoritairement
descendante. « Plus que 30Km et 3 heures, c’est bientôt la fin !!! ». Mon objectif : gérer les 7,8 premiers kilomètres qui montent encore un peu et lâcher ce qu’il reste
(donc plus grand-chose !!!) ensuite, en gérant les deux
coups de cul qui reste dans la descente. Pourtant, il y a encore de la neige et ce jusqu’à la station de Bramelou…enfin, plus que 10Km de galère…
A 15km de l’arrivée, alors qu’il m’avait un peu lâché et qu’un autre solo nous a quasiment repris, je passe devant le 4eme, une nouvelle fois stoppé par une crampe. Et là, j’attaque !!! Je n’ai plus de jus, plus rien…voilà 50 bornes que je me bats contre moi-même… mais là, je pose le cerveau, et je sais que je dois courir à fond jusqu’à l’arrivée (sinon je serai 6eme). Alors je laisse aller mes jambes. Je me laisse partir dans la pente et avale les derniers kilomètres à près de 12Km/h (inespéré !!!).
J’atteins Saint Genyes d’Olt après 12H24 de course, en 4eme position, et complètement exténué. C’est la première fois que je suis allé aussi loin. A l’arrivée, l’organisation nous offre une bière fraiche. Je bois trois gorgée, et tombe raide. La tête me tourne. Je m’assoie. La Sécurité Civile me prend en charge : 9.5 de tension. Je ne tiens plus debout !!! Je reste près d’une heure allongé, pour récupérer petit à petit…
Enfin tout fini par rentrer dans l’ordre !!! mais je crois que j’ai été un peu loin… j’espère ne pas avoir trop tiré pour la suite. Heureux de ce bon résultat, il me faut maintenant récupérer au plus vite avant le prochain rendez-vous dans 15 jours : L’ardéchois où j’accompagnerai Benoît…
Vainqueur LORBLANCHET en 9H50, près d’1/3 d’abandon et derniers coureurs en 20H55 de course…