Vous souhaitez nous contacter:

Vous aimez notre blog:

bandeau objectif ptl

Mercredi 10 mars 2010 3 10 /03 /Mars /2010 23:33

J’avais bien coché cette course sur mon calendrier. Elle correspondait à la fin du premier tiers de préparation à l’UTMB et semblait être idéale pour se mettre en condition physique et mentale et faire un premier état des lieux: course réputée difficile, de nuit, en hiver et un parcours correspondant à quelque chose près à un tiers d’UTMB soit 65Km et 2850 de dénivelé+. Malgré parcours trail 2010tout, j’ai tardé à m’inscrire et ceux pour plusieurs raisons : mes camarades de course Benoît et Gilles se sont désistés, je crains d’être un peu tôt dans la saison pour faire une telle épreuve, je suis dans une période (comme tout le monde) de fatigue importante (=reprise de l’entraînement intense, fin de l’hiver, accumulation des courses des derniers weekends, boulot fatigant, etc…), je quitte le boulot à 20 heures après une grosse journée, que je doit enchainer avec une grosse heure de route pour prendre un départ à minuit, et enfin une dernière semaine avec des nuits très courtes… toutes les bonnes conditions étaient réunies !!! C’est donc dans les tous derniers jours que j’envoie mon bulletin d’inscription.

trail-aux-etoiles 0755Dès la fin du boulot, je pars direction Le vigan. J’arrive vers 21H30, le temps de manger une « bonne plâtrée » de pâtes, d’aller chercher mon dossard et de faire un petit somme de 20’. La température est glaciale, et c’est dans le gymnase que nous sommes réunis pour le briefing… côté matériel, je prends le minimum : sur moi, short, booster pour le bas, teeshirt manches courtes, manchettes et veste ultralight de course, gants et buff ; dans le sac, un odlo manche longue chaud, poche à eau et barres énergétiques plus les traditionnels couverture de survie, sifflet, frontale de rechange.

l36A minuit pétante, les fauves sont lâchés du gymnase et la file de frontale prend la route. Ça ne part pas si vite que ça, et je reste aux avants postes. Dès les premières bosses, je décide de quitter le buff et les gants, et ce malgré le froid (-2°C) : j’en aurais sûrement besoin plus tard. Je me retrouve un peu distancé de quelques dizaines de mètres. Dans la descente suivante, je suis contraint d’accélérer pour recoller. Derrière, les écarts se creusent déjà… mais les 10 premiers kilomètres se font relativement tranquille et groupé. C’est en arrivant sur les parties roulantes que je perds de vue les premiers. Dans la montée à Fraissinet, je me retrouve avec  deux autres coureurs forts sympathiques dont un qui est le traceur de cette course. Il nous explique un peu les différents passages à négocier et nous raconte comment ils ont créé l’itinéraire. Je cours avec eux jusqu’à L’arboux, premier ravito, puis les distancie sans le vouloir dans la montée suivante. Je démarre alors ma longue nuit en solitaire… Le froid devient de plus en plus intense. Ma lampe me fait quelques frayeurs : quelques fois elle s’éteint (faux contact). Les jambes sont bonnes trail-aux-etoiles 0818et la succession de montée-descente se passe bien… Après une bonne descente que j’avale comme si j’avais des ailes, j’arrive sur Aulas au deuxième ravito (Km 28) après 2H48 de course. Je reprends un peu d’eau et repart sans trop trainer… La route est encore longue…

Dès la sortie du ravito, ça grimpe fort. Les choses sérieuses commencent et je rentre dans la partie la plus difficile du parcours. Après un long faux plat, on attaque la montée qui est selon moi la plus dure, la plus longue : 6Km et quelques 450m de D+. Je marche dans les parties les plus raides, je regrette de ne pas avoir les bâtons, et tente de relancer dès que le terrain le permet. Au sommet, La Fageole, point culminant du parcours à 850m d’altitude, deux jeunes bénévoles nous pointent près d’un feu de camp. Comment supportent-ils de rester là, dans ce froid aussi longtemps ??? Puis j’attaque vite la descente raide en monotrace qui me fera descendre sur Arre (3eme ravito). La descente est longue : 6Km et plus de 500 de D- à encaisser dans les cuisses déjà fatiguées et transies par le froid… Dans la descente je me foule deux fois la cheville gauche, celle qui ne tient plus, mais rien de bien grave… Plus loin, je trébuche et chute. La trace est recouverte de feuilles glissantes, gelées et sous lesquelles sont dissimulés de gros cailloux piègeux… dans les coups de culs, je vois deux lampes différentes pas très loin devant.

J’atteins enfin Arre, et finalement, je ne me sens pas si mal que ça : Km 44, 4H48’ de course. Unl151 concurrent repart quand j’arrive et j’apprends à ma grande surprise que c’est le quatrième… Quoi, je suis 5eme : inespéré !!! Je prends tout de même 5’ pour me réchauffer un peu et manger une barre, puis repars pour le dernier tronçon du parcours et les 22Km qui me séparent de l’arrivée. La montée vers le Causse s’annonce longue et difficile (450D+). Je l’avale pourtant sans trop de mal… avant le sommet, je recolle le quatrième et de temps en temps distingue la lampe du troisième… Je passe devant pour quelques kilomètres mais soudain, plus de jus, je suis en panne sèche, et je suis contraint de m’arrêter malgré moi : fringale, fatigue (+ de 6 heures de course), froid, petit matin (où j’ai toujours une petite baisse de régime) ??? sûrement un peu tout à la fois !!! Je me fais repasser et ne reverrai personne jusqu’à l’arrivée. Je mange deux barres et repars doucement en trottinant. Sur le Causse, le froid est glacial. Certains diront -8°C. Je ne sens plus mes doigts et n’arrive plus à ouvrir la fermeture de mon sac. La pipette de ma poche à eau est gelée. Je remets les gants avec difficulté et c’est 10 minutes plus tard que je retrouve la sensation sur mes doigts accompagnés d’un bon onglet. Sur le Causse, je subis un peu. C’est pourtant facile et roulant, mais les successions de bosses et ce terrain qui m’est généralement pas favorable (trop roulant) m’inquiète : Je ne veux pas être repris… J’accélère donc tant bien que mal… C’est dans la descente du Causse que je frise la catastrophe. Je me tors la cheville une nouvelle fois, puis une autre de plus en plus fort. A la troisième, je crois que c’est fini : CRAC !!! La malléole touche par terre, je chute et roule sur plusieurs mètres éclatant ma poche d’eau… Je me relève, mais la douleur est vraiment forte. Je n’ai plus aucun contrôle sur ma cheville. Il faut que je descende pourtant… mais j’ai peur… je descends tout en contrôle et termine le parcours tant bien que mal. La fin est longue et je franchis l’arrivée en 7H27, très content de cette belle et inattendue 5eme place !!!

trail-aux-etoiles 0099L’heure est au bilan : Le trail aux étoiles est une superbe épreuve à recommander, très bien organisée, où règne un esprit convivial, sportif, proche de la nature (nourriture bio et gobelet offert à chacun pour ne pas multiplier les déchets sur les ravitos)…

Côté physique, le bilan est bien entendu positif. Je me sens plutôt pas mal par rapport à l’avancée de ma préparation, le fond y est, c’est indéniable. Il me manque maintenant du dénivelé, mais ce n’est pas facile par chez nous… le travail semble porter ses fruits !!! Maintenant, j’ai un gros problème avec mes chevilles qui ne tiennent plus… j’espère qu’elles ne me lâcheront pas !!! En tout cas, il faut vraiment que je travaille là-dessus… Je continue donc tranquillement mon petit bonhomme de chemin ! Prochain test à l’ « Aubrac aventure trail » fin juin, pour un deuxième bilan. Entre temps le programme est chargé pour se mettre en bonne condition…

Par Emeric - Communauté : Trail - Course à pied - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés